mardi, février 04, 2020

DÉCLARATION SUR L’ATTITUDE DE LA COMMISSION VÉRITÉ ET RÉCONCILIATION SUR LES MEURTRES DE MASSE SURVENUS DANS L’HISTOIRE DU BURUNDI

ASSOCIATION BURUNDAISE DE LUTTE CONTRE LE GÉNOCIDE
AC GÉNOCIDE CANADA

DÉCLARATION SUR L’ATTITUDE DE LA COMMISSION VÉRITÉ ET RÉCONCILIATION SUR LES MEURTRES DE MASSE SURVENUS DANS L’HISTOIRE DU BURUNDI

AC Génocide Canada suit de près les activités de la Commission Vérité et Réconciliation (CVR) depuis sa mise en place par le régime CNDD-FDD en décembre 2014.

AC GÉNOCIDE CANADA tient à rappeler que la CVR actuelle a été mise en place par un gouvernement dirigé par l’organisation CNDD-FDD qui est signataire des accords de coopération avec les ex-FAR et la milice Interahamwe et dont l’objectif était de poursuivre le génocide contre les Tutsi dans toute la région des Grands Lacs en commençant par le Burundi et en terminant au Rwanda ; que cet accord qu’aucun des signataires n’a jamais dénoncé reste toujours observé par le CNDD-FDD dont la poursuite de la coopération avec les groupes génocidaires ci-haut cités a été confirmée par plusieurs rapports de l’ONU.

AC GÉNOCIDE CANADA rappelle en outre que l’actuelle CVR a été marquée par plusieurs irrégularités depuis la commission technique qui lui a débrayé le terrain jusqu’à la nomination des commissaires qui la composent:
- plusieurs membres des commissions préparatoires de la CVR ont été identifiés par le rapport de la Commission Internationale d’Enquête des Nations-Unies comme ayant joué un rôle de premier plan dans la planification mais aussi dans l’exécution de ce génocide contre les Tutsi en octobre 1993;
- à deux occasions différentes, deux membres de la CVR actuelle ont publiquement pris position en faveur des auteurs des massacres d’août 1988 dans les communes de Marangara et de Ntega qui visaient l’élimination des Tutsi ;
- des irrégularités d’ordre représentationnel dans la CVR où certains commissaires se sont vus attribuer une ethnicité qui n’est pas la leur afin de réduire au minimum la représentation des Tutsi ont été signalées mais n’ont jamais été réglées.

AC GÉNOCIDE CANADA a noté qu’à l’occasion des exhumations, la CVR déclare presque toujours que tous les charniers datent de 1972 et que les corps déterrés ne sont que des victimes de la répression, alors qu’il est de notoriété publique qu’au départ, les meurtres de masse de cette année étaient l’œuvre de miliciens qui visaient exclusivement les Tutsi.

AC GÉNOCIDE CANADA constate que l’orientation des activités de la CVR actuelle ressemble à s’y méprendre à celles des organisations ouvertement partisanes qui ont signé des conventions avec le régime CNDD-FDD pour mener des missions qui se chevauchent avec celles qui échoient à la CVR.

AC GÉNOCIDE CANADA a particulièrement noté la multiplication des opérations d’exhumation dans divers endroits au cours du dernier trimestre de 2019 ainsi qu’en ce début de 2020.

AC GÉNOCIDE CANADA note la coïncidence entre l’accélération des exhumations et la période électorale, ce qui suggère qu’en plus de travestir l’histoire, cette opération révisionniste participe au populisme électoraliste au profit de l’organisation CNDD-FDD qui a nommé les membres de la CVR actuelle.

POUR TOUTES CES RAISONS

AC GÉNOCIDE CANADA, tout en reconnaissant que les diverses tragédies qui se sont abattues sur notre pays ont fait des victimes parmi toutes les composantes de la nation burundaise :
- exprime sa vive préoccupation suite aux déclarations de la CVR à l’occasion des exhumations effectuées en Province Karuzi du 29 au 31 janvier 2020 et au terme desquelles il a été affirmé que tous les charniers visités datent de 1972, alors que cette province a été la plus touchée par le génocide de 1993 au point que dans beaucoup de ses communes, il n’y a presque plus de survivants tutsi.
- met en garde la CVR actuelle contre le potentiel de révisionnisme que comportent ses affirmations sur les origines ethniques des victimes et sa tendance à minimiser le génocide contre les Tutsi alors qu’il a déjà été enquêté par une commission internationale indépendante mandatée par les Nations-Unies.
- invite les Burundais à prendre acte du travestissement de l’histoire auquel la CVR actuelle risque de mener de par son modus operandi qui est nettement partisan et discriminatoire.

AC GÉNOCIDE CANADA porte à l’opinion nationale et internationale que dorénavant, elle se distance des conclusions que tirera la CVR actuelle.

                                   
                                                                                    Fait à Toronto, le 4 février 2020.

                                                                                    Pour AC GÉNOCIDE CANADA,

                                                                                    Le Secrétaire,


                                                                                    Emmanuel Nkurunziza

mardi, novembre 05, 2019

​COMMUNIQUE DE L’ASSOCIATION CANADIENNE DE LUTTE CONTRE LE GÉNOCIDE AC GENOCIDE CANADA


En date du 21 octobre 1993, les membres du parti FRODEBU ont commencé le massacre systématique des Tutsi dans toutes les provinces du Burundi. Une Commission d'Enquête Internationale mandatée par l’Organisation des Nations Unies a conclu dans son Rapport S/1996/682 du 22 juillet 1996 que ces massacres étaient des actes de génocide. La commission a établi également que les auteurs agissaient sur incitation et avec l’encadrement de l’administration.

En ce jour de commémoration de ce triste événement, AC-Génocide Canada s’incline devant la mémoire des disparus et exprime toute sa sympathie aux rescapés.

AC-Génocide Canada se joint à tous ceux qui ont en horreur le crime des crimes pour exiger que justice soit faite pour les victimes.

AC-Génocide Canada rappelle cependant qu’aucune forme de justice pour les victimes ne peut être obtenue des autorités burundaises aussi longtemps que le pays est dirigé par une organisation comme le CNDD-FDD qui a sa part de responsabilité dans ce génocide et qui poursuit la persécution des rescapés.

AC-Génocide Canada réitère ses inquiétudes quant à la validité des travaux de la « Commission Vérité et Réconciliation » controversée et où les victimes du génocide perpétré par le parti FRODEBU ne sont pas représentées.
AC-Génocide Canada demande à l’Organisation des Nations Unies de mettre sur pied un tribunal pénal pour le Burundi tel que recommandé par la Commission d'Enquête Internationale dans son Rapport S/1996/682, paragraphe 496.

Fait à Toronto, le 21 octobre 2019

Pour AC Génocide Canada,
Emmanuel Nkurunziza
Secrétaire

dimanche, mai 12, 2019

COMPTE RENDU DE LA CONFERENCE COMMEMORATIVE TENUE A OTTAWA LE 4 MAI 2019


En date du 4 mai 2019, l’association de lutte contre le Génocide, AC Génocide Canada, a organisé à l’Université St.Paul d’Ottawa  une conférence publique pour marquer la 47e commémoration du génocide des Tutsi du Burundi perpétré par l’organisation UBU en 1972. Y ont pris part des personnalités issues de localités et d’horizons divers, dont l’Alliance des Burundais du Canada qui était représentée au plus haut degré.
La cérémonie a débuté par un service religieux dirigé par l’Abbé Emmanuel Ndayegamiye qui a parlé de l’impérieuse nécessité de maintenir le rituel des commémorations tant pour la mémoire des victimes que pour le réconfort des rescapés.
La conférence s’est poursuivie avec les communications des deux chercheurs universitaires qui étaient prévus au programme. La première présentation était d’Emmanuel Nkurunziza de l’Université de York (Toronto, Ontario). Elle s'intitulait "Le génocide tutsi de 1972 et ses conséquences au Burundi". La deuxième a été présentée par Madame Pamella Mubeza de l’Université Saint Paul d’Ottawa et avait pour titre "La résilience féminine dans le confli burundais
Les présentations des invités devaient être suivies par une autre communication de la la direction de l’association-mère, AC GENOCIDE CIRIMOSO qui s’adresserait aux participants par Skype à partir de Bujumbura. Cependant, suite à des difficultés techniques, de dernière minute, elle n’a pas eu lieu, mais l’association a sorti à cette occasion un  communiqué disponible sur la toile (1). 
Dans la partie dévolue aux témoignages, les survivants du génocide de 1972 sont intervenus en priorité. Les personnes qui se sont relayées au micro se trouvaient dans des provinces variées au moment des faits. Elles étaient dans la Mairie de Bujumbura ainsi que dans les provinces actuelles de Bujumbura Rurale, Bururi, Cankuzo, Gitega et Makamba.
En plus des rescapés qui ont communiqué leur vécu cauchemardesque, d’autres participants sont intervenus pour faire des suggestions sur la façon la meilleure d’entretenir la mémoire et de cultiver le "Plus Jamais Ça". Un accent particulier a été mis sur la nécessité de poursuivre le rituel des commémorations vu son rôle dans la sauvegarde la mémoire que pour faire face au négationnisme qui a le vent en poupe par les temps qui courent, étant donne que le pouvoir en place au Burundi est exercée par le CNDD-FDD, héritier de deuxième ordre de l’organisation génocidaire UBU dont il poursuit les pratiques iniques.
Un participant a proposé qu’AC Génocide lance une campagne demandant l’instauration au Burundi d’un ordre national d’au moins une des personnalités qui se sont illustrées par leur droiture dans la période du génocide tutsi de 1972. Les noms du Professeur Emile Mworoha et de feu Léonard Nduwayo ont été suggérés, le premier pour ses conseils au pouvoir dans les correspondances qu’il lui a adressées au mois de mai 1972 en sa qualité de Secrétaire Général de la JRR, le deuxième par sa probité dans la conduite du procès des putschistes de 1971 qui sert pour les apologues et les négationnistes du génocide tutsi de 1972, de justification a posteriori.

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vendredi, mai 10, 2019

VIDEOS DE LA CONFERENCE COMMEMORATIVE DU 4 MAI 2019 (1ere partie)

 M. Joe-Dalton Ndoricimpa de l’antenne d’Ottawa de l’AC Génocide Canada inaugure la conférence.


Ci-dessous: Emmanuel Nkurunziza présente sa communication intitulée “Le génocide tutsi de 1972 et ses conséquences au Burundi”

Ci-dessous:Madame Pamella Mubeza dans sa communication intitulée “La résilience féminine dans le conflit burundais”



samedi, avril 27, 2019

INVITATION À LA 47E COMMÉMORATION DU GÉNOCIDE DES TUTSI DU BURUNDI DE 1972

Mesdames, Messieurs,

À l’occasion de la 47e commémoration du 29 avril 1972, date du début du génocide des Tutsi du Burundi perpétré par l’organisation UBU,

l’Associaton de lutte contre le génocide AC Génocide Canada, en collaboration avec des chercheurs de York University et Saint Paul University, organise le samedi 4 mai 2019 une conférence publique sur :

LE GENOCIDE DES TUTSI BURUNDAIS EN 1972 : UN CRIME IMPUNI AUX CONSEQUENCES TOUJOURS RESSENTIES.

Le conférence se tiendra à la St Paul University (Ottawa, Ontario), Ecole d'Etudes de Conflits, 223 Main St, Ottawa, ON K1S 1C4 dans la salle G104, et débutera à 13h00.

À vous tous qui voulez avoir la vérité sur cette date sombre,

Aux partisans du Plus-Jamais-Ça ,

Nous souhaitons la bienvenue.


Pour l'AC GENOCIDE CANADA,

Emmanuel Nkurunziza,

Secrétaire.

vendredi, mars 01, 2019

DECLARATION A L'OCCASION DE LA CONFERENCE ANNONCEE POUR LE 02 MARS PAR LE COLLECTIF DE 1972


                    ASSOCIATION DE LUTTE CONTRE LE GÉNOCIDE
                                              “AC GÉNOCIDE CANADA


                                                         DÉCLARATION

L’Association de lute contre le Génocide AC GÉNOCIDE CANADA suit avec attention l’évolution grandissante du négationnisme et du révisionnisme véhiculés par le “Collectif des Survivants et Victimes du Génocide Hutu de 1972 (Avant et Après) au Burundi” (ci-après, "le Collectif de 1972") depuis son lancement en 2014.

AC GÉNOCIDE CANADA tient à rappeler que depuis le 26 avril 2017, le Collectif de 1972  a signé avec le Gouvernement du Burundi une Convention de Coopération aux termes de laquelle il exécute certains programmes gouvernementaux. 

AC GÉNOCIDE CANADA est particulièrement préoccupée par le travestissement par le Collectif de 1972 de la tragédie de 1972 dont les meurtres de masse visaient l’annihilation du peuple tutsi mais pour laquelle cette association présente les victimes comme étant les bourreaux et vice-versa. 

AC GÉNOCIDE CANADA a noté que le 20 août 2018, le Collectif de 1972 a annoncé qu’elle organiserait une conférence sur la tragédie de 1972 le 02 mars 2019 à Ottawa; que l’affiche sortie à cette occasion incite à la haine contre le groupe social Tutsi et particulièrement contre son sous-groupe Hima dont il cite nommément un certain nombre de personnalités en les accusant des meurtres de masse survenus au Burundi dans le passé.

AC GÉNOCIDE CANADA constate que le Collectif de 1972 a publié des mises à jour sur la préparation de la conférence ci-haut mentionnée et qui consistent en une révision du thème et une omission du lieu de l’événement qui reste tu moins de 24 heures avant l’échéance; que les incitations à la haine contre les Tutsi-Hima par contre restent présentes en dépit du retrait tactique des noms des personnalités citées dans l’affiche de depart.

Compte tenu de tous ces faits:

AC GÉNOCIDE CANADA interpelle les autorités canadiennes face aux actes répréhensibles que le Collectif a déjà posés, notamment:
(a) avoir intentionnellement induit en erreur la police montréalaise en amenant ses éléments déployés sur le site de la conférence organisée par le Collectif de 1972 le 3 mai 2014 à Montréal ” à chasser des lieux certains participants pour le seul motif que ce sont des Tutsi;
(b) avoir publié des mensonges en diffusant des invitations affirmant que la conférence du 03 mai 2014 à Montréal  était publique tout en sachant qu’il en interdirait l’accès aux Tutsi  
(c) avoir délibérément déformé l’identité de certains leaders du mouvement anti-génocide et diffusé de fausses généalogies afin de placer dans la ligne de mire des services secrets burundais dont le palmares particulièrement violent et arbitraire est mondialement connu.
 
AC GÉNOCIDE CANADA attire l’attention de tous les partenaires du Collectif de 1972 sur le risque évident d’être embarqué par cette association dans ses projets potentiellement criminels.

AC GÉNOCIDE CANADA invite les médias canadiens à ne pas servir de relais au racisme et au négationnisme véhiculés par le Collectif de 1972  dans ses publications sur les Tutsi, surtout les Hima qu’il étiquette de qualificatifs calomnieux.

AC GÉNOCIDE CANADA exhorte les Burundais à rester vigilants pour dénoncer l’incitation à la haine raciale ou ethnique, la négation et l’apologie du crime de genocide, surtout quand les auteurs les appellent “lutte politique” ou quand ils les dissimulent dans la recherche de justice comme le fait le Collectif de 1972.


                                                                   Toronto, le 28 février 2019.
                                                                   Pour AC Genocide Canada,
                                                                   Emmanuel Nkurunziza,
                                                                   Secrétaire.

dimanche, avril 22, 2018

AC GENOCIDE CANADA. OTTAWA. 46E COMMEMORATION DU GENOCIDE TUTSI DE 1972

46ème Commémoration du Génocide contre les Tutsi du Burundi de 1972  


Samedi, le 05 mai 2018 à Ottawa
 
L’association de lutte contre le génocide, AC - Génocide Canada 
tiendra une commémoration du

GÉNOCIDE PERPÉTRÉ CONTRE LES TUTSI DU BURUNDI EN 1972

 Le thème de cette année est

Le devoir de mémoire et la recherche de justice priment sur les calculs politiciens 

Rendez-vous  au:


SOYEZ LES BIENVENUS   
 

Fait à Toronto, le 21 avril 2018.

Pour AC GENOCIDE CANADA
Emmanuel Nkurunziza,
Secrétaire

samedi, mai 27, 2017

CONFERENCE COMMEMORATIVE DU GENOCIDE DE 1972 . TORONTO, 13 MAI 2017

Images de la conférence commémoration du génocide des tutsi du Burundi de 1972 tenue au Collège Universitaire de Glendon, Université York, à Toronto, le 03 mai 2017

Communication d'Emmanuel Nkurunziza : 
Comment Stopper le Négationnisme à travers le Discours (1ère partie)                      



Comment Stopper le Négationnisme à travers le Discours (2ème partie)          



Communication de l'Ambassadeur Tharcisse Ntakibirora (1ère partie)






vendredi, avril 21, 2017

MEMORANDUM SUR LA SITUATION QUI PREVAUT AU BURUNDI

ASSOCIATION POUR LA LUTTE CONTRE LE GÉNOCIDE
« A.C. GÉNOCIDE – CIRIMOSO »
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APPEL AU SECOURS ET A LA JUSTICE INTERNATIONALE :
Mémorandum sur la situation qui prévaut au Burundi

« Il ne peut y avoir de paix durable sans justice,  [sans]  la poursuite et la condamnation de ceux qui ont perpétré le génocide, [y compris] Ratko Mladic qui a présidé aux tueries et reste libre » (Extrait d’un message que M. Barack H. Obama,  ex-Président des Etats-Unis d’Amérique, a livré lors du vingtième anniversaire des massacres de Srebrenica).
***
Introduction
            En cette date du 21 avril 2017, le Comité Exécutif de l’Association pour la Lutte contre le Génocide (« A.C. GÉNOCIDE – CIRIMOSO »), porte à la connaissance du Peuple Burundais et de la Communauté Internationale ce qui suit :
            1.- Il prévaut aujourd’hui au Burundi une situation générale d’insécurité (assassinats, enlèvements, disparitions forcées, détentions arbitraires, cas de torture, etc.) comme le confirme le Rapport (S/2017/165) du Secrétaire Général de l’ONU sur le Burundi, daté du 23 février 2017. En conséquence, des centaines de milliers de Burundais vivent dans la misère des camps  de réfugiés à l’étranger ou dans la précarité de ce qui est conventionnellement et pudiquement appelé des « sites pour les personnes déplacées internes (PDI) ».
            2.- Les Imbonerakure, milice des jeunes affiliée au parti CNDD-FDD au pouvoir, en collaboration avec certains agents de la Police Nationale du Burundi (PNB) et du Service National de Renseignement (SNR), quadrillent tout le territoire burundais et surveillent avec une attention particulière les camps des rescapés tutsi du génocide d’octobre 1993, déclenché au Burundi un peu moins de six mois avant le génocide d’avril 1994 dont l’objectif était l’extermination des Tutsi au Rwanda.
            3.1.- Les PDI survivant dans ces sites sont aujourd’hui plus que jamais ciblés, persécutés, tués et/ou éparpillés. Victimes d’une politique gouvernementale de la carotte et du bâton, ils sont forcés par l’administration locale, la police et les Imbonerakure de « rentrer chez eux parce que la paix, disent-ils, est revenue à travers tout le pays », pendant que leurs anciens bourreaux les attendent dans les mêmes localités d’origine qu’ils ont dû fuir à partir du 21 octobre 1993.
            3.2.- L’objectif négationniste du gouvernement en place est de démanteler ou liquider progressivement l’ensemble des sites des rescapés, qui sont, encore aujourd’hui, autant d’éléments de preuve irréfutables des crimes de génocide commis à travers le Burundi depuis octobre 1993.
I.- Les faits exemplaires 
            1.- Il est opportun de rappeler qu’il y a un peu plus de 20 ans, quelque 98 ouvriers et agents de l’administration de l’usine de thé située à Teza (en province de Muramvya) furent massacrés le 03 juillet 1996 par les « bandes armées » du CNDD (plus tard dénommé CNDD-FDD). Dans leur très grande majorité, les victimes étaient des Tutsi, d’après les témoignages de l’époque qui ajoutent que l’attaque des mêmes « assaillants » visait également un camp de déplacés tutsis.
            2.- Rappelons aussi qu’à la même époque, 648 Tutsis rescapés du génocide d’octobre 1993 furent exterminés le 21 juillet 1996 par les « rebelles » du CNDD-FDD dans le site des déplacés de Bugendana (en province de Gitega) où ils croyaient avoir trouvé refuge.
            3.- En outre, nous nous acquittons de notre devoir de mémoire et nous rendons hommage aux quelque 166 réfugiés Congolais Banyamulenge  massacrés et plus de 100 autres blessés le 13 août 2004 à Gatumba (localité frontalière entre le Burundi et la R.D. du Congo), victimes des « bandes armées » du Palipehutu-FNL dirigées, entre autres, par Agathon Rwasa et Pasteur Habimana. A l’époque, ce dernier revendiqua ces actes à caractère génocidaire qui ciblaient les Tutsi Congolais ayant fui la guerre qui ravageait le Sud-Kivu et qui croyaient avoir enfin trouvé une terre d’asile dans notre pays. Aujourd’hui, MM. Rwasa et Habimana ne sont inquiétés par personne et se trouvent même haut placés dans l’appareil de l’Etat Burundais.
II.- Notre point de vue en général
            1.- L’« A.C. GÉNOCIDE – CIRIMOSO » ne se lassera pas de mettre en garde les adeptes du raccourci de la réconciliation sans justice, puisque tout crime de génocide qui reste impuni est destiné à se répéter ou à se perpétuer sous d’autres formes de crimes contre l’humanité et que le devoir de justice est tout aussi --- ou sinon plus important que le devoir de mémoire.
            2.- Après l’échec dû à la mise en application sélective et discriminatoire de l’Accord d’Arusha pour la Paix et la Réconciliation au Burundi (28 août 2000), ci-après désigné par Arusha-I, les survivants de 1993, les opposants politiques et autres dissidents prennent massivement le chemin de l’exil comme en 2015. En même temps, on assiste à des opérations de nettoyage ethnique au sein des Forces de Défense Nationale (FDN) et de la Police Nationale du Burundi (PNB) ciblant les militaires et policiers tutsi, pratiquement à tous les échelons de la hiérarchie des deux corps.
            3.- Cette situation de conflit politico-ethnique est également caractérisée par l’absence de libertés publiques, dont notamment la liberté d’expression suite à la destruction quasi-totale des médias indépendants. Dans ces conditions, l’espace de liberté qui reste est, de facto, occupé de manière prédominante par les organes d’expression d’un Etat à régime de parti unique. La plupart des médias sont devenus des porte-voix d’un confusionnisme et d’un négationnisme éhontés face aux différentes crises qui ont ravagé la société burundaise depuis les 50 dernières années.
            4.- Le contexte politico-sécuritaire actuel ne permet pas de faire auprès de la Commission « Vérité et Réconciliation » (CVR) des dépositions relatives aux crimes du passé (1962-2008) et aux souffrances endurées par les survivants. A titre d’exemple, en effet, bon nombre des bourreaux de 1993 et des années qui ont suivi tiennent aujourd’hui les rênes du pouvoir.
III.- Face aux solutions actuelles
            1.- Les pourparlers d’ARUSHA-II
            Les nouvelles tractations en cours à Arusha (Tanzanie), qui sont déjà baptisées Arusha-II, peuvent déboucher sur des décisions politiques que personne ne peut prévoir mais il est sûr qu’Arusha-II a lieu aujourd’hui parce qu’Arusha-I a échoué notamment en ce qui concerne les mécanismes de justice transitionnelle qui devaient être mis en marche aussitôt après l’année 2000.
            Certains participants aux tractations d’Arusha-II prétendent encore une fois représenter les intérêts de leur communauté d’origine (hutu, tutsi ou twa) mais on peut se demander combien parmi eux ont la lucidité et le courage d’inscrire à leur agenda la question de la poursuite judiciaire des personnes responsables des crimes les plus graves (crimes de génocide, crimes de guerre et autres crimes contre l’humanité) qui ont ravagé la société burundaise depuis 1962.
            2.- Les activités de la CVR
            L’évolution de la crise actuelle est illustrée par la consécration de l’impunité et la fuite en avant du Gouvernement du Burundi qui, par la loi n° 1/14 du 18 octobre 2016 promulguée par le Président Pierre Nkurunziza, a décidé de se retirer du Traité de Rome instituant la Cour Pénale Internationale (CPI), qui a son siège à La Haye. 
            La Commission pour la Vérité et la Réconciliation au Burundi (CVR), quant à elle, est chargée par son employeur, le Gouvernement du Burundi, d’ « [e]nquêter et établir la vérité sur les violations graves des droits de l’homme et du droit international humanitaire commises durant la période allant de la date de l’indépendance le 1er juillet 1962 au 4 décembre 2008, date de la fin de la belligérance. La Commission prend en compte la gravité et le caractère systématique et collectif des violations ».
            2.1.- En plus des auditions des témoins des différentes crises qui ont endeuillé le pays de 1962 à 2008 et de la recherche documentaire sur la même période, la CVR vient récemment d’inaugurer les travaux dont les objectifs sont d’« identifier et cartographier les fosses communes et tout autre endroit d’enterrement non reconnu par la loi, prendre les mesures nécessaires à leur protection, procéder à l’exhumation éventuelle des corps aux fins d’un enterrement digne. »
            2.2.- Il faut toutefois remarquer que le volet « justice » ne figure pas dans le cahier de charges de la CVR. Le Gouvernement, qui a mandaté la Commission, prétend privilégier la réconciliation et la « justice sociale » par rapport à la justice pénale au même moment où certaines autorités politiques et administratives, par leurs discours, attisent la haine ethnique dans la population. Et que dire des activités  de « gestion des fosses communes » qui s’inscrivent dans un climat social aussi délétère ?
            2.3.- Le contexte politico-sécuritaire actuel ne permet pas non plus de faire des dépositions auprès de la CVR, bon nombre de bourreaux de 1993 et des années qui ont suivi tenant aujourd’hui les rênes du pouvoir. Il n’est donc pas surprenant que certains des témoins qui ont, de bonne foi, fait des dépositions relatives aux « événements » tragiques du passé aient déjà été persécutés malgré l’existence d’une loi théoriquement destinée à garantir la protection à ces mêmes témoins.
            2.4.- En fin de compte, comme le dit si bien la maxime, une justice trop tardive équivaut à un déni de justice. Les diverses manœuvres ayant pour but d’ajourner sine die la mise en place d’un Tribunal Pénal International pour le Burundi tel que prévu par Arusha-I signifieraient-elles que la classe politique en général, et le Gouvernement en particulier, est fondamentalement incapable de protéger la société burundaise contre la tentation de vengeance privée ?    
            Par ailleurs, certains crimes que la CVR  est chargée d’examiner relèvent en réalité d’une compétence judiciaire internationale. A titre d’exemple et sans équivoque possible, la Commission Internationale d’Enquête mandatée par le Conseil de Sécurité de l’ONU, « [a]yant conclu que des actes de génocide ont été perpétrés contre la minorité tutsie au Burundi en octobre 1993, [elle] est d'avis qu'une compétence internationale doit s'exercer à l'égard de ces actes. » (Rapport n° S/1996/682 publié le 22-08-1996, §496).
            Enfin, la CVR souffre de handicaps « congénitaux » qui ne peuvent pas garantir sa neutralité supposée : (a) il y a eu un manque flagrant  de consensus national notamment par rapport à sa composition et à son entérinement par une Assemblée Nationale et un Sénat pratiquement monopartisans ; (b) certains de ses membres ayant été affectés personnellement par les crimes qu’ils ont la mission d’investiguer, ne serait-il pas naïf d’attendre et d’exiger d’eux impartialité et neutralité ?

Conclusions et recommandations
            Eu égard à ce qui précède, l’Association pour la Lutte contre le Génocide (« A.C. GÉNOCIDE–CIRIMOSO ») considère qu’une véritable sortie de crise pour le Burundi ne sera possible que grâce à l’action d’une commission d’enquête judiciaire internationale, neutre et indépendante, mandatée pour la recherche de la vérité, la justice et la réconciliation (CVJR), habilitée à saisir le Tribunal Pénal International pour le Burundi conformément à l’esprit des recommandations du Rapport S/1996/682 de la Commission Internationale d’Enquête sur le Burundi mandatée par le Conseil de Sécurité de l’ONU et au prescrit de l’ Accord d’Arusha pour la Paix et la Réconciliation au Burundi (28 août 2000).  
            L’Association pour la Lutte contre le Génocide (« A.C. GÉNOCIDE – CIRIMOSO ») demande donc à la Communauté Internationale représentée notamment par l’Organisation des Nations Unies (ONU), l’Union Africaine (UA), la Communauté Est-Africaine (CEA), l’Union Européenne (UE) de mettre en œuvre et en temps utile toutes les mesures destinées à enrayer la machine de mort qui continue à broyer le Peuple Burundais à cause du déni de justice et de l’impunité.     
            L’Association pour la Lutte contre le Génocide (« A.C. GÉNOCIDE – CIRIMOSO ») estime que les querelles byzantines dans les instances de décisions ne profiteront qu’aux criminels contre l’humanité et aux négationnistes : il ne faudra donc pas se précipiter avec beaucoup de larmes et quelques seaux d’eau pour éteindre la Maison Burundaise déjà en cendres et en fumée alors qu’on n’a rien fait en temps utile, sous le prétexte du respect de la souveraineté nationale des Etats. Nous voudrions rappeler que la responsabilité de protéger les citoyens, les réfugiés, les déplacés, etc.,  implique que « la souveraineté nationale » ne peut en aucun cas être invoquée pour persécuter, massacrer ou exterminer des populations à huis clos.
            L’« A.C. GÉNOCIDE–CIRIMOSO »  demande encore de manière insistante à la Communauté Internationale ce qui suit :
1.- Prendre des mesures pour faire respecter les dispositions visant la protection des populations civiles contenues dans la Convention relative au statut des réfugiés (Genève, 28-07-1951)  et dans la Convention relative à la protection des personnes déplacées internes (Kampala, octobre 2009).  
2.- Prendre des mesures pour faire respecter la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide (Paris, 09-12-1948).
3.- Mettre sur pied une Commission Internationale d’Enquête Judiciaire chargée d’identifier les responsables présumés des crimes de génocide, crimes de guerre et crimes contre l’humanité commis au Burundi à partir du 21 octobre 1993, y compris le crime abominable perpétré à Gatumba en août 2004 contre les réfugiés Congolais Banyamulenge, afin que ces personnes soient enfin traduites devant un Tribunal Pénal International chargé de les juger de manière indépendante et impartiale.
4.- Mettre sur pied une Commission Internationale d’Enquête Judiciaire mandatée pour mener des investigations et un Tribunal Pénal International pour qualifier et juger les crimes les plus graves commis au Burundi depuis l’indépendance jusqu’en octobre 1993.
5.- Appuyer de manière concrète la Cour Pénale Internationale (C.P.I.) dans sa mission de poursuite judiciaire de toutes les personnes qui, au cours de la crise actuelle, ont commis ou auront commis des crimes de génocide, des crimes de guerre et d’autres crimes contre l’humanité.


                                              Fait à Toronto, le 21 avril 2017 
                                 Pour l’« A.C. GÉNOCIDE – CIRIMOSO 
                                                     
                                                        [Signé]

                                            Emmanuel NKURUNZIZA,

                                 Secrétaire d’AC GÉNOCIDE CANADA